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AI agents and state contracts power Côte d’Ivoire’s startup push

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Côte d’Ivoire launches two startup support programs with AI agents and state contracts to boost its digital economy, aiming to increase tech's GDP contribution beyond 10% by 2030.

AI agents and state contracts power Côte d’Ivoire’s startup push

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The Big Picture
On July 29, 2026, Côte d’Ivoire’s Ministry of Digital Transition launched Ivoire Tech Next 15 and Ivoire Tech Scale Up, offering 24 months of structured support to 30 companies. The programs include AI agents for recruitment, marketing, finance, and HR, funded by the state, plus access to state contracts, cloud credits, and cybersecurity certifications. This initiative is part of a broader 2026–2028 roadmap with seven pillars and 40 projects, including building an African AI school. The government aims to raise the digital sector's GDP contribution from 6–8% to over 10% by 2030, addressing the financing gap where 78% of SMEs cite access to finance as a major obstacle. The launch also introduced Ivoire Gouv Tech Lab, which opens state digital projects to startups, and featured a live demo of an AI recruitment agent. Partners include the World Bank, AfDB, and various VC funds, signaling a push to make the state a first customer rather than just a regulator.
Why It Matters
Côte d'Ivoire's new startup programs signal a strategic shift from policy to procurement, using state contracts and AI agents to de-risk early-stage ventures. By embedding AI tools and public tenders into startup support, the government is positioning itself as a launch customer, which could accelerate the digital economy's contribution to GDP beyond 10% by 2030. This model, if successful, may become a template for other African nations seeking to leverage state power to build tech ecosystems.

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4 août 2026

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Le 29 juillet, le ministère de la Transition Numérique et de l’Innovation Technologique de Côte d’Ivoire a lancé Ivoire Tech Next 15 et Ivoire Tech Scale Up, deux programmes phares qui fourniront 24 mois d’accompagnement structuré à 30 entreprises. Le ministre Djibril Ouattara a également dévoilé la feuille de route 2026–2028 du ministère, organisée autour de sept piliers et 40 projets, et a présenté une troisième initiative, Ivoire Gouv Tech Lab. 

Les chiffres derrière ce lancement sont éloquents. L’activité numérique contribue actuellement entre 6 % et 8 % du produit intérieur brut (PIB) de la Côte d’Ivoire, et le gouvernement souhaite que ce chiffre dépasse 10 % d’ici 2030.

Le financement est : 78 % des petites et moyennes entreprises (PME) interrogées ont identifié l’accès au financement comme leur principal obstacle à la croissance, tandis que moins de 25 % parviennent à obtenir des prêts bancaires. Les PME représentent 98 % des entreprises en Côte d’Ivoire, contribuent à 23 % du produit intérieur brut (PIB) et assurent 23 % de l’emploi formel. Le pays a également investi 250 milliards de francs CFA (FCFA) dans le secteur numérique en 2024 seulement, selon les responsables.

Ces chiffres s’inscrivent dans une dynamique d’investissement bien plus large. Le Plan National de Développement 2026–2030 de la Côte d’Ivoire dispose d’un budget de 114 840 milliards de francs CFA (205,1 milliards de dollars) tous secteurs confondus, et il donne à l’économie numérique un mandat clair : contribuer à faire du pays un hub technologique régional.

1. Deux filières, deux profils d’entreprises très différents

Compte à rebours avant le lancement des deux programmes. Source de l’image : Lina Kacyem.

Le programme Ivoire Tech Next 15 cible 15 startups innovantes opérant depuis au moins un an. L’éligibilité repose sur sept critères : siège social et activité principale en Côte d’Ivoire, chiffre d’affaires établi et en croissance, produit ou service innovant, fondateurs détenant la majorité du capital, et situation fiscale en règle.

Ivoire Tech Scale Up vise plus haut dans la courbe de croissance, avec 15 PME technologiques déjà établies et prêtes à changer d’échelle, et les huit critères d’éligibilité sont en conséquence plus exigeants. Les candidats doivent être constitués en société de droit ivoirien avec trois à cinq exercices clôturés, et des nationaux ivoiriens doivent détenir au moins 75% du capital. Le chiffre d’affaires moyen sur cette période doit atteindre 500 millions de FCFA (877,700 milliards de dollars), dont 65% liés au numérique, avec au moins dix salariés et une situation à jour sur le plan fiscal et social.

Les candidatures sont gratuites et ouvertes en ligne dès maintenant, avec une date limite fixée au 13 septembre. Les candidats présélectionnés présenteront leur projet devant un jury international, et les lauréats seront annoncés à Abidjan fin septembre.

Ce que rapporte une place de lauréat

Le dispositif d’accompagnement va bien au-delà d’une subvention. Les lauréats accèdent à des agents IA déployés sur des fonctions clés, recrutement, marketing, finance, RH, décrits par les responsables du ministère comme l’équivalent de deux à trois collaborateurs supplémentaires sans charge salariale, entièrement financés par l’État. 

Joseph Ribeiro, Responsable pays de la BAD en Côte d’Ivoire et Directeur général adjoint en charge de l’Afrique de l’Ouest. Source de l’image: Lina Kacyem.

S’y ajoute un volet financement couvrant les mises en relation avec le capital-risque, les bailleurs de fonds, les garanties de prêt et l’assistance technique, ainsi qu’un accès à la commande publique prévu par la loi Startup de 2023, un accès resté largement théorique pour les jeunes entreprises ivoiriennes jusqu’ici. Le ministère promet aussi des mises en relation avec les banques, les opérateurs télécoms et les grands groupes industriels, ainsi qu’une place au sein des délégations officielles aux événements internationaux.

Les entreprises sélectionnées auront accès aux centres de données nationaux, à des crédits cloud et à des certifications en cybersécurité, tandis que les participants à Ivoire Tech Scale Up bénéficieront en plus d’un accompagnement juridique et fiscal, d’une aide à l’obtention de certifications qualité, et d’un accès prioritaire au Village des Technologies de l’Information et de la Biotechnologie de Côte d’Ivoire (VITIB), une zone franche technologique offrant des exonérations fiscales et douanières.


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2. Un ministère avec une liste de partenaires déjà engagés

Djibril Ouattara, Ministre de la transition numérique et de l’innovation technologique en Côte d’Ivoire. Source de l’image: Lina Kacyem.

La liste des partenaires engagés était extensive, couvrant des institutions multilatérales, des agences de développement, des banques, des opérateurs télécom, des entreprises pharmaceutiques et des fonds de capital-risque. Elle comprenait la Banque mondiale ; la Société Financière Internationale (SFI) ; la Banque Africaine de Développement (BAD) ; Bpifrance ; l’Agence Japonaise de Coopération Internationale (JICA) ; le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) ; Digital Africa ; Ecobank ; Advans ; Sanofi ; Orange Ventures ; MTN ; Axian Investment ; Roche Diagnostics ; Breega ; elea ; Satgana ; Ventures Platform ; Launch Africa Ventures ; Saviu Ventures ; Seedstars Africa ; ST Digital ; le Village des Technologies de l’Information et de la Biotechnologie de Côte d’Ivoire (VITIB) ; GUDE-PME ; et GOTIC-CI.

Plusieurs organisations ont envoyé des représentants, dont Paul Nguyen pour la Banque mondiale et la SFI, et Kana Fukuda pour la JICA.

Le ministère a présenté le réseau de partenariats comme une plateforme ouverte plutôt qu’un consortium fermé, invitant d’autres banques, fonds d’investissement et grandes entreprises à y participer, sur le principe que chaque nouveau partenaire pourrait créer une voie supplémentaire vers le financement, les clients, l’expertise ou l’infrastructure pour les startups participantes.

La feuille de route derrière le lancement

Les deux programmes s’inscrivent dans une feuille de route 2026-2028 plus large, bâtie par Ouattara autour de sept piliers: les infrastructures de connectivité (avec un objectif de couverture de 98% à 100%), la transformation numérique de l’administration publique, le développement de l’écosystème d’innovation, le déploiement d’une capacité nationale en intelligence artificielle, la cybersécurité, le développement des compétences numériques, et la modernisation de La Poste sur la logistique, la fintech et la livraison. Ouattara a précisé que les piliers deux, trois et quatre sont précisément ceux où s’inscrivent les deux nouveaux programmes lancés aujourd’hui. Quarante chantiers structurants relèvent de ces sept piliers, et une ambition s’est démarquée sur l’agenda: bâtir ce que le ministre a appelé la première école multinationale africaine dédiée à l’intelligence artificielle, basée en Côte d’Ivoire.

La gouvernance repose sur des stratégies déjà adoptées: un plan de transformation numérique 2025-2035, un objectif « zéro papier » pour l’administration d’ici 2030, et des stratégies nationales sur la gouvernance des données, l’intelligence artificielle et la cybersécurité.

L’État, premier client plutôt que simple régulateur

La troisième initiative dévoilée, Ivoire Gouv Tech Lab, transforme les besoins numériques propres à l’État en marché. Plutôt que de se limiter à réguler le secteur, le ministère veut publier en ligne son propre portefeuille de projets numériques pour que startups et PME puissent candidater directement, en transformant les problèmes administratifs en défis d’innovation et en accompagnant les entreprises GovTech lauréates jusqu’à la commercialisation, avec pour objectif à plus long terme de faire du pays un exportateur des solutions qu’il construit pour lui-même.

Derrière cette ambition se trouve un inventaire en cours des infrastructures numériques publiques, mené conjointement avec la Banque mondiale, avec l’identité numérique, une plateforme d’interopérabilité et une passerelle de paiement identifiées comme priorités à court terme.

Une démonstration en direct des agents IA proposés

La promesse abstraite des agents d’intelligence artificielle (IA) a reçu une démonstration concrète sur scène. Steven, directeur général et co-fondateur de Tylimmo, a proposé les besoins en recrutement de son entreprise comme cas de test en direct pour Adjoua, un outil de recrutement par IA que le ministère a utilisé pour montrer aux startups participantes ce à quoi elles auraient accès : un développeur full-stack senior basé à Abidjan, en contrat à durée indéterminée (CDI), avec une prise de poste immédiate.

Durant la démonstration, Adjoua a généré une description de poste aux couleurs de Tylimmo, créé un visuel de recrutement prêt pour LinkedIn, et produit un argumentaire financier pour le recrutement — le tout en quelques minutes. L’outil a ensuite sourcé 20 profils LinkedIn, les a classés par adéquation au poste, et a identifié un problème dans les hypothèses salariales de Steven. Il avait saisi un budget de départ de 300 000 francs CFA (510 dollars) pour le poste. Adjoua a estimé que le taux du marché pour un développeur capable de remplir la fonction se situait entre 800 000 et 1 200 000 francs CFA ( 360 à 2 040 dollars) par mois, ce qui a amené Steven à revoir le chiffre en séance.

Le système a finalement produit cinq candidats présélectionnés qui avaient déjà été contactés, avec la promesse d’un résumé hebdomadaire du pipeline chaque lundi matin. Le ministère a présenté cette démonstration comme un exemple des agents IA auxquels les startups sélectionnées pour Ivoire Tech Next 15 auraient accès pour leurs fonctions de recrutement, marketing, finance et ressources humaines — sans que le fondateur n’ait à supporter un coût salarial supplémentaire.

Les trois défis d’Ecobank au secteur bancaire

Paul-Henri Aithnard, directeur général d’Ecobank Côte d’Ivoire, a interpellé les 30 autres banques du pays, non seulement pour financer les deux nouvelles cohortes, mais pour changer la manière dont elles prêtent à la tech de façon plus générale. Financer l’audace et abandonner l’obsession des garanties, leur a-t-il dit, à travers des lignes hybrides mêlant capital et dette plutôt que d’exiger des garanties que les jeunes entreprises n’ont pas. Les banques doivent aussi ouvrir des portes, pas seulement des comptes: un accès réel aux grands comptes, l’ouverture d’API bancaires, le partage de données, et des produits pensés spécifiquement pour les femmes et les jeunes entrepreneurs. Son horizon affiché était de dix ans: des milliers de startups à travers toute la Côte d’Ivoire, sans concentration sur Abidjan, vivant de leurs propres compétences.

Advans CI s’engage auprès des deux cohortes

Sarah Doukouré, directrice générale d’Advans Côte d’Ivoire, s’est exprimée de l’autre côté du fossé du financement. Advans est une institution de microfinance conçue pour les PME au stade où les banques classiques ne les touchent pas encore. Son constat sur le marché était direct: trop d’entreprises viables se voient refuser un financement parce que leur dossier n’est pas encore finançable, et non parce que l’entreprise elle-même est faible. Advans s’est engagée à accompagner les 15 startups de Next 15 dès leur phase de démarrage et à soutenir la phase de scale-up des entreprises plus avancées, en partenariat avec le ministère et les incubateurs du pays. L’inclusion financière en Côte d’Ivoire, a-t-elle affirmé, passera par les outils numériques, ou ne se fera pas à grande échelle.

Ce que les investisseurs présents ont dit

J’ai également assisté à l’événement « Ivoire Tech Next 15 » en juillet. Source de l’image : Lina Kacyem.

Le lancement comprenait une intervention de Lina Kacyem, de Launch Africa Ventures, qui a livré un état des lieux sans détour de l’écosystème et posé une distinction qui compte. Les startups ont besoin de capital-risque. Les PME établies ont besoin de dette et de contrats, et confondre les deux, a-t-elle expliqué, explique en partie pourquoi l’Afrique francophone subsaharienne capte moins de 5% du capital-risque du continent, malgré une multiplication du nombre d’entreprises ivoiriennes levant des fonds ces dernières années.

Son deuxième point portait sur le processus. Launch Africa, un fonds panafricain actif depuis 2020 avec 180 investissements dans 25 pays, a construit son premier véhicule de 36 millions de dollars autour de 133 startups, et son argument était que les fonds ne manquent pas de capital à déployer. Ils manquent de dossiers bien préparés. 

Un fondateur avec des états financiers en ordre et un modèle économique prouvé peut passer d’un premier rendez-vous à une term sheet en quelques semaines. Celui qui ne l’a pas peut voir ce processus s’étirer sur plusieurs mois, quel que soit le potentiel de l’entreprise en question. C’est précisément l’écart que ces deux programmes cherchent à combler, en offrant à 30 entreprises une préparation structurée avant même de se retrouver face à un jury ou à un investisseur.

La fenêtre de candidature se referme le 13 septembre. Les lauréats seront annoncés à Abidjan à la fin du même mois.


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